Fleurir une romance…   3 comments

Je te confie ce poème
Et mon crayon
Tu dessineras une chanson
Sans paroles
Pour la nuit du blasphème
Ensuite tu prendras ton envol

Transcris les lignes de ta main
Au bord du monde
Elles ouvriront un chemin
A ton rêve d’aronde
Et devant toi éveillée
Tu verras le soleil s’agenouiller

Baisse avec majesté tes ailes
Colombines
Survolant le ciel
De ton désir
Pose-toi sur le rivage
Épris de la mer violine
Et tu feras fleurir
Une romance pour ta cage…

A-Bônois
Vitrolles,
Le 13 juin 2020.

Publié le 13/06/2020 par bonois dans Poèmes

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Monsieur BOUROUIS : un monument de la boxe vient de nous quitter…   3 comments

Je m’excuse auprès des amis de la poésie, mais ce modeste hommage n’est rien par rapport à un vécu aussi prégnant en mémoire.

C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès (suite à une opération chirurgicale) de Monsieur BOUROUIS Chérif, mon ancien entraîneur de boxe dans ma jeunesse. C’était l’époque bénie où tout était gratuit et il suffisait juste d’avoir l’envie pour s’inscrire. La salle d’entraînement était sise derrière la petite poste du quartier la Colonne Randon. À titre personnel, cela m’avait servi à défendre mes amis au collège et même au lycée, et au-delà, à savoir prendre les coups dans la vie.
Le titre du journal « Un monument de la boxe vient de nous quitter » n’est nullement usurpé quand on sait qu’il a formé des champions nationaux, un champion d’Europe et un vice-champion du monde !
Ce qui demeure, c’est sa gentillesse phénoménale et son dévouement pour les jeunes en tant que bénévole. Paix à son âme.

Pour plus de détail, voir l’article de Slim paru sur El Watan du 9 juin 2020.
https://www.elwatan.com/edition/sports/un-monument-de-la-boxe-vient-de-nous-quitter-09-06-2020

A-Bônois
Vitrolles,
Le 10 juin 2020.

Publié le 13/06/2020 par bonois dans Découvertes et partages

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Caillou… Eugène Guillevic « Encoches / Askennou »   3 comments

Caillou…

Viens encore une fois
Te consacrer caillou
Sur la table dans la lumière
Qui te convient,
Regardons-nous
Comme si c’était
Pour ne jamais finir.
Nous aurons mis dans l’air
De la lenteur qui restera.

Eugène Guillevic (« Encoches / Askennou » 1975 – Les Éditeurs Français Réunis 1993)
N.B. : « Caillou » : synonyme familier de « huître » (orthographe d’avant 1990)

A-Bônois
Vitrolles,
le 06 juin 2020.

Publié le 06/06/2020 par bonois dans Découvertes et partages

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Hölderlin Friedrich ou la sagesse de la folie…   3 comments

Est-il utile de rappeler que l’expression « Habiter poétiquement le monde » émane du poète romantique allemand Hölderlin au regard singulier posé sur le monde, conduisant à la réflexion existentielle et philosophique.

Diotima
 » Contente-toi
Et songe à celle qui demeure emplie de joie
Du fait que sur nous se leva le jour exquis
Né d’une confidence ou de nos mains serrées,
Qui nous fait un. Mais hélas ! oh ! hélas !
Quel temps splendide c’était là ! Que devait suivre
Hélas, la tristesse du crépuscule. »

En bleu adorable.
[…]
Un homme, quand la vie n’est que fatigue, un homme
Peut-il regarder en haut, et dire : tel
Aussi voudrais-je être ? Oui. Tant qu’en son cœur
Dure la bienveillance, toujours pure,
L’homme peut avec le divin se mesurer
Non sans bonheur. Dieu est-il inconnu ?
Est-il comme le ciel, évident ? Je le croirais
Plutôt. Telle est la mesure de l’homme.
Riche en mérites, mais poétiquement toujours,
Sur terre habite l’homme. Mais l’ombre
De la nuit avec les étoiles n’est pas plus pure,
Si j’ose le dire, que
L’homme, qu’il faut appeler une image de Dieu.
Est-il sur la terre une mesure ? Il n’en est
Aucune.
[…]

Qu’est-ce donc que la vie ?
…N’envie pas les hommes libres de souffrance,
Les idoles de bois auxquelles rien ne manque,
tant leur âme est pauvre,
qui ne posent pas de questions sur la pluie
et le soleil parce qu’elles n’ont rien
qu’elles doivent cultiver. Certes ! Certes !
il est tout à fait facile d’être heureux,
d’être tranquille avec un cœur
sans profondeur et un esprit borné.

Tel mon bonheur, mon chant.
Veux-tu plonger, heureux
Dans le soir rouge ?
Il a fui, et la terre est froide,
Et, l’oiseau de la nuit devant tes yeux
Alarmant, roue.

Friedrich Hölderlin

A-Bônois
Vitrolles,
la 1er juin 2020

Publié le 01/06/2020 par bonois dans Découvertes et partages

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Couplet lyrique…   4 comments

Couplet lyrique…

Je suis le glaneur
Et tu es l’amie
Des étoiles tombées des cieux
Pour les loger dans tes yeux
Et éclairer ma poésie

Je suis le ramasseur
Et tu es l’alliée
Des belles métaphores
Sur la terre des comptines
Chantées par ton corps

Je suis le cueilleur
Et tu es la complice
Des rimes oubliées
Dans la serre aux fleurs
Cachée dans ton cœur

Je suis le grappilleur
Et tu es l’intime
Des fruits sublimes
Stances égrugées
De ton coruscant verger

Le poète égaré rôde
Là où la muse clôt l’épode…

Berre-l’Étang,
Le 20 mai 2020.
®A-Bonois

« Ce qui ne peut danser au bord des lèvres – s’en va hurler au fond de l’âme. »
Christian Bobin Extrait de « L’autre visage”

Publié le 20/05/2020 par bonois dans Poèmes

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En corona… Encore oh ! Na !   3 comments

La saison multiplie
Les départs en solitaire
Loin de la mer
Une cloison d’épaisse brume
Noie dans le regard
Un chemin d’urnes et d’asticots
Voile les faces
Sur les haltes nébuleuses
Des souvenirs brûlés
Retombant en poussière
Des condoléances
Des sympathies éloignées
Par les barrages d’insécurité
On fait la chaîne
Qui nous enchaîne
À une rencontre hasardeuse
Roule dé
Surgeon du confinement

Immobilisé le pas
La compassion
L’humanité
Le monde
L’air est irrespirable
Et l’espoir individuel
Du berceau à la retraite…
…définitivement anticipée !
En blouse blanche
Officie le Destin
À la place du médecin

Un rien invisible accapare
Le monopole du malheur
En snipper à tout détour
À qui le tour ?
Il y a urgence en l’état
Péril en la demeure

Les familles ont le droit
De vivre et mourir
Ensemble !
Mais surtout
Vivre mon Dieu !
Peu
Ou prou
C’est une prière
Pour qui espère…

Provence à l’aube du déconfinement
Le 16 mai 2020.

Publié le 17/05/2020 par bonois dans Poèmes

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LE SOUHAIT   8 comments

C’est sommaire
Une éclaircie
Un muguet
Un sourire

C’est veiller ou dormir
Prier ou maudire

Un bréviaire
Un lit
Une vérité
Un délire

La saison rôde aux portes
Sans croiser d’interlocuteur

Cette douleur
M’insupporte…

Provence confinée,
Le 5 mai 2020

Publié le 05/05/2020 par bonois dans Poèmes

La solitude du monde…   4 comments

Où est la prêtresse qui avance
Quand la nuit se replie
Images racinées dans la nostalgie
Que le présent déterre
La réalité les réensemence
Dans ta sensualité en jachère

Dans tes yeux une ombre
Venue comme par hasard
S’étonne de tant de désirs
Parmi les décombres
De tes fumants souvenirs
Cierges consumés sans flamme
Tu appelles le départ
Sur le quai sans âme
Où seule voyage la gare
Vers ce qui t’égare

Le vide a frôlé ta conscience
De l’éminent silence
Tu ne veux plus étouffer
Rose pâmée
Ni ce qui t’émerveillait
Ni ton parfum cherchant
À donner la volupté
Quand le trouble t’effeuillait

Le rivage au bord du vent
Qui te saluait chaque soir
A recueilli ta mémoire
Ne se perd jamais la chanson
Confiée à l’aronde
Déployant la liberté de ses ailes
Haut dans le ciel
Sur la solitude du monde…

Provence confinée,
Le 1er mai 2020.

A-Bonois

« L’humain est un tissu qui se déchire facilement.  »
Christian Bobin « Un bruit de balançoire  »

Publié le 01/05/2020 par bonois dans Poèmes

Orages et éclaircies…   4 comments

Orages et éclaircies…

Ce soir
Va s’aventurer le regard
Aux confins de ta nostalgie
Je marche dans la mémoire
Vers l’aube qui se lève
Et j’enjambe toute nuit
Dépourvue de tes rêves
Chaque jour apprêté de gris
Où tu n’avais pas souri

À peine la dimension
D’une respiration
Et tous tes sens sont en éveil
Il suffirait sans doute
Que le désir perche
Sur un rayon de soleil
Pour que le feu qui sommeille
Fasse l’incendie que je redoute
L’intégral embrasement
À illuminer le firmament

Ni l’eau à la recherche
De son puits
Ni la prière de la pluie
Ni la rivière de ton lit
Mêlant la vérité et l’utopie
N’apaisent
Ta sensualité de braise

« Que bredouillais-je, l’artiste ?
Le temps jadis… oui…  »
J’insiste
Même si je compose avec le passé
Ce qui a existé au présent persiste
Vif ou en partie effacé

À jamais tu es la fille
Des orages et des éclaircies…

®A. Bonois
La Provence confinée,
Le 14 avril 2020.

Image confection « Oasis des Artistes »

Publié le 14/04/2020 par bonois dans Poèmes

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Égayer ton printemps…   3 comments

Égayer ton printemps…

Je chante ma déréliction
Cet écho proche et lointain
Errant sur les noirs chemins
C’est ma blanche voix
Partie affranchir le silence
Captif de ton absence
Avant d’être supplication
Parenthèse de foi

Le loup solitaire
Voudrait se taire
Se tenir coi
Pourquoi hurler à la lune
Vociférer sa rancune
À la terre et au ciel
Si tu n’es pas
Au centre de l’appel

Dévouée muse du poète
Éloquente passagère
Sur le frêle esquif
De mon vocabulaire
Approximatif
Rien à dire
La parole désertée t’inquiète
Sage ou fou même sourire

Jamais n’abdique la poésie
Écoute-moi déjà j’écris
Avec tous les mots églantine
Réfugiés dans ta poitrine
Mille singulières chansons
Et une romance
Qui aura ta préférence
Pour égayer ton printemps…

A*Bonois
Parc du Griffon
9 avril 2020.

Citation
« Le poème, cette hésitation prolongée entre le son et le sens. »
Paul Valéry (1871-1945), « Tel quel »

Publié le 09/04/2020 par bonois dans Poèmes

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